Porte-parole

Bertrand Godin n’a que 18 ans lorsqu’il participe à ses premières épreuves de karting. Son style de pilotage agressif et précis lui permet de remporter sa 1ère victoire dans la classe 4-temps dès sa deuxième course !
Deuxième au championnat de 1987, il poursuit son apprentissage en karting jusqu’en 1989. C’est alors qu’il fait le saut dans la série la plus rapide du karting, la Formule 125. À l’époque, la catégorie-reine du karting est des plus spectaculaires. Les pilotes, assis à seulement 3 centimètres du sol atteignent des vitesses de pointe de 160 km/hrs. Et la compétition est féroce; Bertrand Godin doit rivaliser avec les Ricardo Almeida, Alexandre Tagliani et Jacques Villeneuve, le fils de Gilles. Il doit se surpasser à chaque course et connaît du succès au cours des trois saisons passées en Formule 125 où il remporte de nombreuses victoires et obtient des résultats plus que probants. Il réalise qu’il peut triompher face aux meilleurs pilotes de sa génération et la perspective d’une carrière professionnelle en sport automobile lui apparaît comme étant de plus en plus réaliste.
Pour y arriver, il devra choisir l’exil. Bertrand Godin est en effet l’un des rares pilotes québécois à opter pour l’aventure européenne afin de poursuivre son évolution derrière le volant.
Une déchirante deuxième place l’empêchera de remporter le volant Elf. Sa persévérance lui vaudra son laissez-passer européen après sa victoire en finale du volant Maxauto en 1991. Il se rend à Vichy, en France, avec seulement $200 en poche. On lui confie le rôle de pilote d’usine de l’écurie Mygale de Formule Ford. Il terminera 8e à sa 1ère saison. L’expérience acquise lui permettra d’être au plus fort de la course au titre de 1993. Il signe d’ailleurs la 1ère victoire de la marque à Nogaro, renouvelle l’exploit au Mans et se hisse au 2e rang du championnat. Gonflé à bloc, Bertrand Godin attaquera la saison 1994 avec confiance et détermination. Cela lui vaudra de monter sur le podium à huit reprises…sur dix courses! Il est à nouveau le vice-champion de France de Formule Ford. Ses succès ne passeront pas inaperçus.
En 1995, une chance en or s’offre à lui. L’écurie Player’s l’invite à remplacer Claude Bourbonnais, blessé, pour quatre courses sur le circuit Indy Light. Bertrand Godin se retrouve coéquipier du regretté Greg Moore qui sera couronné champion à l’issue de la saison. En dépit de son inexpérience au volant de ces voitures d’une puissance de 500 chevaux, il signe le 3e meilleur chrono des qualifications dès sa 2e course en Indy Light, à Portland. Une performance qui lui vaudra d’être recruté par la filière Player’s. En 1996 il participe aux quatre dernières courses de la saison Indy Light avec l’écurie Player’s-Forsythe. Son nouveau coéquipier est alors David Empringham qui mène au championnat. Nullement intimidé, Bertrand se permettra même un dépassement aux dépens de son coéquipier au Molson Indy de Toronto. Mais il devra se plier aux consignes d’équipe et lever le pied afin de céder le passage au futur champion.
En 1997, Bertrand Godin dispute sa seule saison complète en Amérique, en Formule Atlantique. Il s’illustre au Grand Prix du Canada où il enlève la pole-position et soulève les 70 000 spectateurs avec une éclatante victoire. Ce sera un autre point tournant dans sa carrière. Un mois plus tard, il grimpe à nouveau sur la plus haute marche du podium à Cleveland. Le titre de champion de la série est à portée de main. Il multipliera les manœuvres audacieuses à couper le souffle et les remontées spectaculaires pour obtenir ce couronnement qui lui échappera de peu. Une crevaison lors de la dernière épreuve de la saison le fera glisser au 4e rang du classement cumulatif final.
C’est à nouveau vers l’Europe que se tournera Bertrand Godin où il disputera sa dernière saison complète en Formule 3000, dans l’antichambre de la F1. Il devra cette fois se mesurer aux jeunes loups que sont à l’époque les Juan Pablo Montoya, Nick Heidfeld et Bruno Junqueira. Il aura la chance de courir sur des circuits prestigieux qui ont accueilli les plus grands noms de la F1 comme Monaco, Spa-Francorchamps et Silverstone. Mais il réalisera rapidement que le talent, la détermination et la passion de courir ne sont pas toujours gages de succès en course automobile. Des ressources financières limitées et un équipement trop souvent mal préparé le priveront des performances souhaitées. Ce qui ne l’empêchera pas de livrer des batailles épiques à des adversaires plus fortunés, parfois au risque de sa vie. Peu importe les contraintes, il n’en finissait plus de pousser sa voiture à la limite, course après course.
Devenu au fil des ans un chroniqueur automobile sollicité par la radio, la télé, la presse écrite et les éditeurs, Bertrand Godin n’en demeure pas moins un pilote de course toujours désireux de se retrouver derrière un volant, peu importe la série, peu importe le circuit. C’est ainsi qu’à chaque année on le retrouve enfiler sa combinaison pour le Challenge sur glace de Sherbrooke, une prestigieuse étape hors-concours de la série Andros que l’on considère comme la F1 des glaces, où, à bord de puissantes voitures de 400 chevaux, il s’est mesuré au fil des ans à des pilotes tels Alain Prost, René Arnoux Jacques Lafitte ,Jean Alesi Patrick Tambay .
La soif de victoires, la passion de piloter sont toujours intactes. Ne lui parlez surtout pas de retraite. Bertrand Godin est d’abord et avant tout…un pilote de courses!
